En réponse à l’article sur les comptes de la commune je tiens à préciser les points suivants :

La politique de l’équipe municipale est animée par quatre volontés :

1/ Le bien vivre des habitants de la Morte et le développement de la croissance démographique de notre commune

2/ L’entretien des biens communaux

3/ Le développement des activités estivales et la transformation de la station de ski en commune touristique

4/ La gestion de la station de l’Alpe du Grand Serre

J’entends de-ci de-là parler de changement de modèle économique pour notre station. Nous en sommes tout à fait conscients et l’équipe municipale précédente avait déjà initié ce changement en commençant à élargir les offres estivales et hivernales, notamment en investissant dans une superbe via-ferrata, en proposant un espace course d‘orientation ainsi que la pratique de la pêche et en balisant les chemins raquettes.

Le modèle économique basé sur le « tout ski » n’est plus viable. Les skieurs ne souhaitent plus skier 6 heures par jour, ils recherchent la diversité des activités, les hivers sont de plus en plus courts et les chutes de neige de plus en plus aléatoires : continuer à penser que seuls les 80 jours d’ouverture suffisent à faire vivre la station, et donc la commune, tient de l’hérésie.

En 2014, à notre arrivée, en tant qu’élus, nous avons été mis au pied du mur afin de reprendre la station gérée depuis une petite dizaine d’années par la SATA, la lettre de dénonciation de la délégation de gestion publique ayant été envoyée avant notre élection.

Cette reprise nous a beaucoup occupé. Les 3 hivers médiocres successifs permettent très difficilement de tenir les comptes à l’équilibre et il s’agit de jongler entre les comptes du SIAG, d’AGS Nature et de la commune. Cette situation en l’état ne pourra perdurer et DP le démontre très clairement dans son article. Nous sommes complètement tributaires de la météo et c’est elle malheureusement qui finira par faire vivre ou mourir notre station de ski à laquelle chacune et chacun est tant attaché.

Depuis notre arrivée, loin de vouloir se consacrer qu’au seul ski de piste,

  •          Nous avons décidé de rénover l’école afin d’attirer des familles qui voudraient s’installer avec leurs enfants,
  •         Nous avons fleuri davantage la station
  •         Nous avons créé un espace baignade avec un coin buvette
  •         Nous avons créé une voie piétonne pour permettre aux piétons de se déplacer en sécurité
  •         Nous avons créé des parkings, notamment à Chabotte
  •         Nous avons créé un nouveau parking aux antennes pour développer le ski de fond à des altitudes où la neige tombe encore
  •         Nous avons rénové les bâtiments communaux
  •         Nous avons rénové et recentré l’Office du Tourisme dans la station, et nous nous attachons à le conserver, convaincus qu’il est notre fer de lance pour dynamiser la commune
  •         Nous réfléchissons avec l’association gestionnaire des Bout'Choux, la Caf, les salariées, à optimiser le fonctionnement de cette structure petite enfance

Tout ceci participe à une modification du modèle économique et cela coûte de l’argent.

La garderie, l’école, l’Office de Tourisme sont des postes non négligeables dans le budget de la commune tout comme celui de la station. Devons-nous tout abandonner pour garder une bonne santé financière ? Doit-on continuer d’y croire en essayant de trouver les solutions qui permettraient à la commune de mieux vivre ?

Une commune peut vivre avec une station de ski, mais elle peut aussi vivre grâce à sa population c’est le cas de 99,99 % des communes en France. Travailler au bien être des habitants c’est espérer aussi faire monter des habitants à l’année, on voit des familles et des retraités s’installer et ces signaux sont très encourageants.

Le ski reste encore l’activité par laquelle la station attire le plus de monde. Nous sommes conscients qu’attirer des habitants est important comme il est tout aussi important de développer encore et toujours les activités estivales, sans abandonner bien évidemment le modèle des sports d’hiver en donnant une plus grande place aux activités tel que le ski de fond, la pratique de la raquette, le chien de traineaux, la luge....

Abandonner la station demain, compromettrait l’existence même de la commune.

Alors que voulons-nous ?

Cet été nous agrandissons et rénovons les toilettes pour l’accueil des camping-caristes, nous installons des barbecues pour attirer toujours davantage de touristes l’été. Nous transformons un court de tennis en terrain multisports et une pumptrack (espace VTT bosses et virages) sera réalisée cet été.

On ne pourra faire l’économie d’une réflexion sur la ruralité, car cette dernière peut avoir un impact certain sur notre commune et sur sa fréquentation.

Des subventions ont été obtenues pour construire des pistes de VTT de descente. L’an prochain nous ne verrons plus les remontées mécaniques immobiles l’été. Tout cela coûte de l’argent et nous en sommes bien conscients mais c’est aujourd’hui qu’il faut réagir : demain il sera trop tard. Nous nous battons pour conserver notre Office du Tourisme,  convaincus qu’il est notre fer de lance pour dynamiser notre commune. La maîtrise des comptes de la commune reste notre préoccupation.

Pour conclure, rappelons que le choix de l’équipe municipale d’abandonner le projet pharaonique du bâtiment de la plaine des jeux nous a permis de garder la marge financière nécessaire pour gérer au mieux la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. La réalisation de ce projet ne nous aurait pas permis d’abonder les comptes du SIAG pour réaliser les grandes visites de cette année.

Pierre Barbazanges

Nouvel adjoint aux finances